Chess & Strategy
Chess & Strategy s'engage dans la prévention contre la maladie d'Alzheimer            Bookmark and Share

Tatiana Kostiuk & Philippe Dornbusch © Chess & Strategy


Le jeu d’échecs comme traitement préventif de la Maladie d’Alzheimer

En 2010, dans le cadre de l’année France Russie, 16 joueurs d’échecs seniors âgés entre 60 et 94 ans ont accepté de se prêter à une expérience scientifique. Ils se sont affrontés entre Moscou et Nice via le système de Téléprésence, créé par Cisco et intégré par IBM, qui permet de réunir autour d’une table virtuelle des participants éloignés. Au cours de ces rencontres, une batterie de tests neuropsychologiques a été réalisée sur les joueurs des deux équipes à l’aide de capteurs sensoriels. Les données scientifiques – émotionnelles et physiologiques – ont été recueillies et analysées à Nice et à Moscou. Les premiers résultats ont été livrés lors d’une conférence retransmise simultanément à Moscou, Nice et Issy‐les‐Moulineaux, en présence de l’ex champion de France Joël Lautier et du légendaire champion du monde russe, Anatoly Karpov.

Les premiers résultats : « Nous constatons que les capacités de mémoire, d’attention, bref l’activité cognitive des 16 participants est pratiquement la même que celle de joueurs plus jeunes », déclare le Pr Vladimir Zakharov, de la première université d’État de médecine de Moscou. Les capteurs ont permis de mesurer l’état de stress des participants, pendant une période de repos, puis pendant les parties. « Il apparaît que le stress survient au moment où le joueur vient de jouer et qu’il attend la réponse de son adversaire », commente sur cette vidéo le Pr Philippe Robert, psychiatre au centre mémoire de ressources et de recherche au CHU de Nice. « Quand un "cerveau" joue aux échecs, il perçoit d’abord l’information », affirme le Pr Bruno Dubois, neurologue à La Pitié‐Salpêtrière (Paris), directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer (IM2A). « Il la reconnaît et la traite pour en extraire le sens. Par rapport aux informations présentes et à celles d’expériences passées, il manipule les données dans une région du cerveau, le cortex frontal, pour élaborer la réponse la plus adaptée. »

La prévention par le jeu : Il n’existe pas à l’heure actuelle de traitement curatif de la maladie, c’est pourquoi la prévention est très importante ainsi que toute la stimulation intellectuelle et sociale, qui a montré son efficacité. Par la peinture, le chant, le toucher mais aussi le jeu, les soignants ont appris à la combattre. Plusieurs études récentes sont venues corroborer ce que l’on savait déjà par l’expérience et l’acquis : les personnes âgées pratiquant régulièrement des activités de loisir dites « stimulantes » ont un risque statistiquement inférieur de souffrir de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence.

Le jeu d’échecs, dont les vertus sont actuellement unanimement reconnues dans le monde éducatif et la nouvelle Convention cadre signée entre l’éducation Nationale et la FFE en est la preuve, possède toutes les spécificités d’une activité de loisir dite « stimulante » : Il apprend à maîtriser la pensée, à augmenter la capacité de mémoire, en particulier visuelle. On peut apprendre le jeu d’échecs à tout âge, même à l’âge adulte, les règles du jeu ne sont pas si difficiles que ça puisqu’un enfant de 5 ans peut l’apprendre rapidement.

Pour trouver un professeur d'échecs pour animer des ateliers, écrivez-nous !

2007-2016 © Chess & Strategy - Tous droits réservés - Reproduction et diffusion interdites